Dans cet article
La phrase est un peu cash, mais elle décrit une réalité de terrain. Il y a vingt ans, le neveu bricolait un logo sous Word. Aujourd'hui, c'est un prompt. Le résultat est le même : il faut tout refaire.
Tous les designers ont connu le client qui allait faire faire son logo par son petit-fils, parce qu'il est doué en informatique. La phrase a changé, pas le raisonnement.
La phrase et ce qu'elle cache
Derrière je peux le faire avec l'IA, il y a la même croyance qu'avant : que le design est une question d'outil. Que la difficulté est l'exécution, et qu'une fois l'exécution automatisée, il ne reste plus rien à payer.
Cette croyance n'est pas ridicule. Elle est juste incomplète, et le terrain le démontre assez vite.
Les clients qui reviennent
Je récupère de plus en plus de clients déçus :
- Par des prestataires qui font tout à l'IA, sans méthode.
- Par des résultats génériques, sans personnalité ni cohérence.
- Par l'effet chronophage : tester quinze outils, relancer quarante prompts, bricoler douze versions.
- Et surtout, par l'absence de direction.
Le paradoxe est savoureux : l'outil censé faire gagner du temps en a fait perdre énormément, parce que personne ne savait quoi demander ni comment juger le résultat.
L'IA ne remplace pas une vision. Elle produit vite ce qu'on ne sait pas décider lentement.
L'IA ne tue pas le marché, elle le trie
Au bout du compte, ces clients reviennent à l'essentiel : un cadrage, des choix, une hiérarchie, une identité, une expérience. Un vrai design.
Ma conviction est donc plus nuancée que le discours ambiant. L'IA ne va pas tuer le business, elle va trier le marché :
- Ceux qui veulent du vite fait et pas cher iront vers l'IA, et c'est très bien : ce n'étaient pas des clients pour un studio.
- Ceux qui veulent du durable, du cohérent, du stratégique auront encore plus besoin d'un accompagnement.
Le milieu de gamme, lui, va se faire écraser. La bonne réponse n'est pas de baisser ses prix pour lutter contre un outil à 20 euros par mois, c'est de monter là où l'outil ne va pas : la décision et le cadrage.
Questions fréquentes
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L'IA va-t-elle tuer le métier de designer ?
- Non, elle va trier le marché. Le segment vite fait et pas cher partira vers les outils, le segment durable et stratégique aura encore plus besoin d'accompagnement.
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Pourquoi ces clients reviennent-ils ?
- Parce qu'ils obtiennent des résultats génériques, sans direction, après avoir perdu beaucoup de temps. Le problème n'est pas l'outil, c'est l'absence de cadrage.
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Faut-il baisser ses prix face à l'IA ?
- Non. C'est le meilleur moyen de se retrouver comparé à un outil à 20 euros par mois. La réponse est de monter sur ce que l'outil ne fait pas : décider et assumer.