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UX/UI Contenu original

La loi de Tesler : la complexité ne disparaît jamais, elle se déplace

Florent Dabernat Florent Dabernat 8 septembre 2026 3 min de lecture
La complexité déplacée, jamais supprimée

Toute application possède une part de complexité qu'on ne peut pas supprimer. La seule vraie question : qui la porte, l'utilisateur ou le concepteur ? C'est la loi de Tesler.

Formulée par Larry Tesler, pionnier de l'interface, cette loi de conservation de la complexité dit qu'un processus a une complexité incompressible. On peut la déplacer, la cacher, l'absorber, mais pas la faire disparaître.

Le principe

Remplir une adresse, gérer une exception, choisir une option : ces étapes ont une complexité irréductible. Si l'interface ne s'en charge pas, c'est l'utilisateur qui la subit. Simplifier, ce n'est pas effacer la complexité, c'est décider où elle va.

Ce que ça implique en design

  • Absorber côté produit. Un bon design prend en charge la complexité en coulisses pour offrir de la simplicité en façade.
  • Des choix par défaut intelligents. Pré-remplir, deviner, proposer : autant de complexité que l'utilisateur n'a pas à porter.
  • Le travail invisible paie. Ce qui paraît simple à l'écran a souvent demandé un gros effort de conception.

La complexité ne disparaît jamais. Le vrai travail, c'est de décider qui la supporte : vous ou l'utilisateur.

L'arbitrage à assumer

La question n'est jamais « comment supprimer la complexité » mais « qui doit la supporter ». Chaque raccourci offert à l'utilisateur est un surcroît de travail assumé côté conception. C'est un choix, et c'est le bon.

En pratique

Repérez, dans chaque parcours, où se loge la complexité, puis demandez-vous si c'est vraiment à l'utilisateur de la porter. Le rôle du designer, c'est précisément d'encaisser cette charge pour que l'expérience reste fluide en surface.


Questions fréquentes

Qu'est-ce que la loi de Tesler ?
Le principe de conservation de la complexité : tout processus a une complexité irréductible qui ne peut être déplacée, jamais supprimée.
On ne peut donc jamais simplifier ?
Si, mais simplifier pour l'utilisateur revient à déplacer la complexité vers le produit et le concepteur. La simplicité perçue a un coût, assumé en coulisses.
Comment appliquer ce principe ?
Identifiez la complexité incompressible d'un parcours, puis absorbez-la au maximum côté interface : valeurs par défaut, automatismes, prise en charge des cas particuliers.




Florent Dabernat

Florent DABERNAT · Directeur artistique et fondateur d'IDSEED, à Aix-en-Provence. J'accompagne mes clients sur le branding, l'UX/UI et le web, avec une méthode claire et documentée. En savoir plus ➞